Responsabilisation et développement d’un pouvoir d’agir vis-à-vis des enjeux environnementaux

Le présent texte est issu d’une réflexion amorcée lors d’un colloque organisé par le programme Éco-stage de Katimavik, regroupant vingt-quatre  jeunes québécois(es) ayant en commun d’avoir effectué un stage de 3 mois dans des organismes environnementaux à travers le Québec. Issu(e)s de différents horizons, les participant(e)s ont eu l’occasion durant toute une journée de discuter et réfléchir autour de quatre thèmes liés à l’éco-citoyenneté. Le présent texte traite de la responsabilisation citoyenne devant les enjeux environnementaux.

Aujourd’hui, de nombreux acteurs du milieu environnemental s’entendent pour affirmer que la responsabilisation des citoyen(ne)s et le développement chez ceux-ci de leur pouvoir d’agir vis-à-vis des enjeux environnementaux est l’une des conditions gagnantes pour créer le désir de s’engager davantage pour l’environnement, former des communautés plus écologiques et jeter les bases d’un développement véritablement durable (voir Marc Boutet, Lucie Sauvé, etc.). Nous avons été invités à nous pencher sur ce thème en nous basant sur nos expériences et observations au cours des trois mois passés au sein du programme Éco-stage de Katimavik, et avons donc cherché ensemble à réfléchir sur les moyens de développer cette prise de conscience et cette volonté d’agir chez les citoyen(ne)s concerné(e)s par les défis environnementaux contemporains.

À l’issue de nos trois mois de stage en environnement, nous avons constaté que : 1) les citoyen(ne)s sont insuffisamment armé(e)s pour se sentir pleinement responsabilisé(e)s face aux problèmes environnementaux, et 2) quand ils le sont, ils n’ont pas nécessairement les outils pour agir. À nos yeux, la question du manque de responsabilisation en est une avant tout d’information. Ce n’est pas tant que l’information manque : elle est partout, pour qui sait la chercher. Il s’agirait plutôt d’un double problème de qualité et de multiplicité de l’information. Pour commencer, les problèmes environnementaux sont des questions qui polarisent la société, et l’information paraît donc souvent contaminée par des biais partisans : les débats sur les gaz de schiste ou les sables bitumineux sont des exemples extrêmement parlants à cet égard. On assiste à de véritables guerres médiatiques, où les recherches scientifiques apparaissent proprement instrumentalisées par des intérêts contradictoires, et où les données sont sujettes à différentes interprétations suivant l’origine des financements. Le débat sur la véracité de l’origine humaine des changements climatiques est une bonne illustration de ce phénomène. Tout cela contribue à une certaine confusion qui aboutit à nourrir le scepticisme et l’inaction des populations, et à favoriser le statu quo des politiques.

Il nous est apparu que la multiplicité des discours sur l’environnement pourrait être également liée à un manque de collaboration et de cohésion entre les acteurs. On assiste à une sorte de décuplement des efforts, ce qui peut fortement contribuer à alimenter la confusion pour, par exemple un(e) citoyen(ne) qui veut agir sur son environnement mais ne sait plus à quelle porte cogner. La quantité d’information qui en découle peut avoir un effet contre-productif, dans le sens où les citoyen(ne)s peuvent se sentir sur-sollicité(e)s par différentes causes, car le même message peut fuser de toutes parts. Ils peuvent alors se détourner de ce message, car il est rendu trop complexe de traiter cette préoccupation parmi toutes les autres que la vie moderne apporter.

Par ailleurs, pour qu’une préoccupation environnementale lève réellement dans la population, il nous est apparu qu’il y avait un double besoin de 1) faire un lien plus systématique entre des projets locaux et leur impact global, et surtout de 2) communiquer sur des réussites affectant positivement la qualité de vie des populations. Pour l’heure, il existe trop peu de points de passage entre les organismes environnementaux qui travaillent sur le terrain et la société civile : il existe un certain déséquilibre entre  les actions positives menées dans les communautés qui apparaissent peu publicisées et mises en valeur, comparativement à l’exposé de problèmes et besoins certes bien réels et dénoncés à juste titre. Il est à nos yeux impératif que le mouvement environnemental dépasse les discours de culpabilisation des citoyen(ne)s sur la catastrophe écologique présente et à venir. Trop de catastrophisme nourrit le sentiment d’impuissance, qui à son tour alimente le cynisme. Si l’on s’entend que l’un des objectifs des organismes environnementaux doit être de pousser les citoyen(ne)s à s’impliquer davantage pour l’environnement dans leurs communautés, il nous semble essentiel de montrer que les problèmes qui les affectent ont leurs solutions.  Il est donc primordial que les populations aient connaissance des projets inspirants qui se passent chez eux, et de l’impact local et global des gestes posés.

Cela passe en outre par une réflexion sur la stratégie de sensibilisation à adopter, voire sur le message à diffuser, en fonction du public ciblé. En effet, si les objectifs de départ doivent rester les mêmes, on ne peut pas user des mêmes moyens pour sensibiliser une classe de niveau primaire, un comité d’entreprise, un groupe de nouveaux arrivants ou une administration. On n’utilisera pas les mêmes arguments, les mêmes approches, etc. On devra trouver le bon équilibre entre les données scientifiques, les faits objectifs et la mise en situation.

Par ailleurs, le système de production / consommation actuel est apparu au fil de nos discussions comme l’un des lieux où se manifeste cette déresponsabilisation des Québécois(es) face aux enjeux environnementaux actuels. Cela dit, la démonisation du privé peut être contre-productive. À nos yeux, il est important de se mettre en action en tant que consommateurs pour faire des compagnies des alliées potentielles dans notre travail. Pour se donner les moyens de les influencer, il est important de 1) mieux comprendre leur rôle dans les mécanismes d’offre et de demande, et 2) prendre sur nous la responsabilité de ne plus être des consommateurs passifs, mais éclairés et revendicatifs de choix plus éthiques. À l’heure actuelle, changer nos habitudes individuelles de consommation n’est sans doute plus suffisant : il est nécessaire de fédérer les consommateurs autour de choix éthiques et de faire pression auprès des compagnies concernées pour qu’ils prennent davantage en compte ces choix.

En guise de conclusion à ce cour compte-rendu de nos discussions, disons simplement que l’un des problèmes qui a été identifié au sein de notre groupe comme étant à la base de l’inaction de la grande partie des citoyen(ne)s devant les problématiques environnementales repose sur le fait qu’ils n’ont pas le sentiment de pouvoir véritablement faire une différence. Selon nous, la conscience d’un pouvoir d’action doit reposer sur deux choses : en premier lieu,  le sentiment d’être entendu par les institutions et les gouvernants; en second lieu,  un impact immédiat des actions réalisées sur le milieu de vie.  La responsabilisation, quant à elle, doit transcender l’opposition trop souvent brandie entre le besoin d’adopter des règles environnementales strictes et les arguments liés au maintien des libertés individuelles. L’enjeu majeur consiste, à nos yeux, à mettre au centre de toutes nos préoccupations le bien commun. Or, nous nous entendons pour définir celui-ci comme ce qui permet de maintenir et développer de conditions de vie optimales pour les générations futures, en reconnaissant l’appartenance de l’être humain en société à la biosphère, et donc la nécessité pour nous de tout mettre en œuvre pour maintenir et protéger notre environnement. Cela passe, à nos yeux, par une meilleure communication en vue d’impliquer les Québécois(es) dans des projets environnementaux qui sauront avoir un impact positif dans leurs vies et leurs milieux (impact local), tout en démontrant que par l’action locale, on peut également participer à un changement à plus grande échelle (impact global).

Par ailleurs, la prise de conscience, pour donner lieu à un vrai progrès social, doit s’effectuer à différentes niveaux : citoyen(ne)s, corporations, états. Les sociétés sont souvent perçues comme des entités difficilement réformables, fonctionnant selon des règles sur lesquelles les citoyen(ne)s n’ont que peu de pouvoir. On pense souvent qu’un changement social doit en premier lieu s’incarner au niveau des institutions, et il est indéniable que c’est une dimension importante. Cela ne se fera cependant pas seul : les citoyen(ne)s ont le pouvoir et le devoir d’influencer ces niveaux de gouvernance en faisant émerger leurs préoccupations comme des enjeux de société déterminants. Ce constat est également valable pour les corporations : en tant que consommateurs, les citoyens ont le pouvoir et le devoir de pousser les corporations à faire des choix éthiques (commerce équitable, agriculture biologique et locale, construction écologique, etc.). Faute d’exercer ce pouvoir de consommateur, c’est alors la loi du marché et des marges de profit qui restera la priorité des entreprises.

Notre rôle en tant que citoyen(ne)s engagé(e)s consistera alors d’une part à servir de catalyseur et d’inspirateur de cette prise de conscience chez les citoyen(ne)s : travailler à créer une masse critique en vue d’amener des enjeux sur la place publique et amener ainsi les changements qui s’imposent en termes de gouvernance. En deux mots : mobilisation citoyenne. D’autre part, nous devons travailler avec le mouvement environnemental pour créer une sorte de laboratoire citoyen, où sont explorées différentes pistes pour aborder les questions sociales vives que sont les défis environnementaux contemporains et inspirer les changements nécessaires à l’échelle des pratiques individuelles quotidiennes.

Les éco-stagiaires Katimavik, cohorte d’automne 2011 :
Thierry Archambault-Laliberté, Louis-Joseph Benoît, Isabelle Cadieux-Landreville, Sarah Chartrand-Faucher, Geneviève Carle-Galarneau, Geneviève Olivier D’Avignon, Maxine Dandois-Fafard, Yao Datté, José Daza, Mariangiola Fabbri, Christian Gagné, Lisa Gravel, Mylène Guay, Francis Héroux, Virginie Laberge, Ariane Lelièvre-Mathieu, Ophélie Lévesque-Deschamps, Juliana Medina, Robert Onana, Jennifer Sarraf, Nalitha Tousignant-Paradis, Sophie Verdon.

Publié dans Écocitoyenneté, Cohorte Automne 2011 | Laisser un commentaire

Le développement d’une sensibilité au milieu naturel

Le présent texte est issu d’une réflexion amorcée lors d’un colloque organisé par le programme Éco-stage de Katimavik, regroupant vingt-quatre  jeunes québécois(es) ayant en commun d’avoir effectué un stage de 3 mois dans des organismes environnementaux à travers le Québec. Issu(e)s de différents horizons, les participant(e)s ont eu l’occasion durant toute une journée de discuter et réfléchir autour de quatre thèmes liés à l’éco-citoyenneté. Le premier thème abordé a été le développement d’une sensibilité au milieu naturel.

Depuis plusieurs années, plusieurs chercheurs actifs dans le champ de l’éducation relative à l’environnement s’entendent sur le fait que le développement d’une sensibilité au milieu naturel est une des conditions gagnantes pour créer le désir de s’engager pour l’environnement, former des communautés plus écologiques et jeter les bases d’un développement véritablement durable. Ayant été invité(e)s à nous pencher sur ce thème en nous basant sur nos expériences et observations au cours des trois mois passés au sein du programme Éco-stage de Katimavik, nous avons cherché ensemble à identifier les origines de la désaffection des Québécois vis-à-vis de leur milieu naturel, les conséquences de cette désaffection, et les meilleures stratégies à mettre en œuvre pour développer une sensibilité au milieu naturel dans la communauté.

À l’issue des discussions, il est apparu que pour la majorité d’entre nous, la déconnexion vis-à-vis de la nature se manifeste et s’explique de multiples façons. Un des premiers éléments de réponse qui émergent tient à la relation au milieu de vie. La majorité des Québécois vit aujourd’hui en milieu urbain. Or, la perception dominante du milieu urbain est celle d’un  ensemble de lieux largement dépourvu d’espaces propices à l’émerveillement et l’appréciation de la nature : l’espace urbain évoque plus souvent le manque de nature que son abondance. Cela peut évidemment avoir un effet positif, dans le sens où le manque peut être moteur de mobilisation et de changement social. On tend ainsi actuellement à assister à un renouveau d’engouement autour de l’écologie urbaine. Toutefois, cette urbanisation croissante des milieux de vie nous a toutefois également habitués à  dissocier le milieu naturel des lieux où l’on habite : on ne s’attend plus à ce que la nature soit intégrée à nos milieux de vie, mais on tend davantage à voir celle-ci comme un bien à consommer dans un autre lieu que celui où l’on vit.

Nous avons ainsi collectivement perdu l’habitude, non seulement d’apprécier, mais même de seulement voir la nature présente dans les espaces urbains. On ne s’attend plus à voir, donc on ne voit plus. À cet égard, le cas des friches urbaines est saisissant : la majorité des gens ignorent tout de leur importance en terme de biodiversité urbaine et de lutte contre les îlots de chaleur  et ces espaces ne sont presque jamais valorisés pour leur potentiel environnemental, seulement pour leur qualité d’espace à développer (lire : construire). Les « terrains vagues » nous évoquent des lieux abandonnés, voire dangereux : jamais ou presque des zones riches de vie (biodiversité), ou riches de possibilités pour les communautés environnantes.

La nature étant prétendument peu présente dans nos milieux de vie, nous pouvons dès lors faire des kilomètres, le plus souvent en automobile, pour la trouver, sans pour autant voir qu’elle peut aussi être présente et florissante dans les lieux où l’on passe tous les jours. Nous sommes par conséquent largement incapables de protéger notre milieu naturel : comme si nous avions perdu le mode d’emploi, et peut-être l’envie de faire plus. Loin des yeux, loin du cœur…

Par ailleurs, le système de production et de consommation qui régit les habitudes alimentaires de l’immense majorité des Québécois n’est pas étranger à cette perte de sensibilité au milieu naturel : un système basé sur la production intensive, les importations, sans oublier l’importance de l’industrie de la transformation. Combiné à l’urbanisation croissante de la population, ce système fait en sorte que l’on a de moins en moins accès aux sources de notre alimentation ainsi qu’aux informations sur les conditions de cette production. On est par conséquent parvenu à externaliser presque complètement la question de l’impact direct de ce système de production sur le milieu : en termes de pollution atmosphérique, pollution des sols, perte de biodiversité, extraction des ressources naturelles, etc.

On doit ajouter à cette tendance, qui concerne ce qui entre dans nos foyers, nos propres déficits dans la gestion de ce qui en sort : le compostage, s’il est de plus en plus populaire, n’est pas encore entré dans les mœurs des Québécois malgré l’abondance de ressources communautaires et ses bienfaits démontrés au niveau de la pollution des sols (moins de lixiviat dans les décharges, donc moins d’infiltrations dans les eaux souterraines) et atmosphérique (la décomposition des matières organiques produit des gaz à effet de serre). Là encore, ce qu’on ne voit pas, l’impact, n’existe pas.

Finalement, nos discussions nous ont permis de cerner l’origine de la désaffection de l‘être humain vis-à-vis du milieu naturel comme étant liée à un modèle de relation entre l’humain et son environnement qui semble désormais largement majoritaire au sein de la population, hérité de l’idéal classique de l’homme en guerre contre la nature. Selon ce modèle, l’humain apparaît en quelque sorte propriétaire de son environnement, qu’il lui revient de dominer et d’exploiter, d’instrumentaliser, de maîtriser. C’est la vision de l’environnement au service de l’humain. L’homme se dissocie de son environnement et, n’en faisait plus partie, n’a pas à considérer son impact sur celui-ci. Dans ce contexte, le milieu naturel n’est pas compris comme milieu à « habiter » (au sens de « vivre avec »), mais comme une ressource à consommer : il n’est souvent perçu, valorisé et offert aux citoyen(ne)s que pour son potentiel récréotouristique, offrant peu d’opportunité de comprendre pleinement notre relation avec ce milieu, et d’y retrouver un sens de l’appartenance susceptible de nous pousser à faire les efforts nécessaires pour le protéger.

L’écocitoyenneté propose quant à elle une conception de l’être humain comme participant d’une biosphère, acceptant la réalité d’un rapport de dépendance et non de domination vis-à-vis du milieu naturel. Dans ce concept, l’homme reconnait les services écologiques que lui apporte la nature (air pur, eau potable, nourriture, etc). Le milieu naturel étant dès lors compris comme milieu de vie, on est d’autant plus enclin à vouloir le protéger et à faire entendre sa voix en ce sens via la participation citoyenne. Cette dernière vision est celle qui nous paraît le plus proche d’un idéal d’éco-citoyenneté : celle-ci pose en effet les humains comme des êtres en relation avec leur environnement. Cette relation englobe deux caractéristiques principales : 1)  la solidarité avec les autres êtres vivants – humains et non humains. 2) Une responsabilité de soutenir et maintenir des systèmes de vie. Sans ces deux caractéristiques dans notre relation à l’environnement, on ne pourra arriver à un développement authentiquement durable.

Comment réaliser cette vision et recréer cette sensibilité que nous évoquions précédemment? En premier lieu, en ce qui concerne la question des milieux de vie formulée plus haut, il nous apparaît primordial d’amener les gens à la nature,  et d’amener la nature en ville à chaque fois que c’est possible. Pour ce faire, il faut des projets inspirants au niveau des quartiers, permettant aux citoyen(ne)s de s’impliquer et de prendre la parole pour exprimer leurs attentes en matière de verdissement et de re-naturalisation de leurs lieux de vie. À travers cela, on doit viser à recréer un enracinement local et une appropriation de leur milieu par les citoyen(ne)s, qui seront dès lors d’autant plus enclins à véritablement l’habiter et donc à le protéger, à le cultiver. Ce style de démarche, en plus de redonner aux citoyen(ne)s un droit de parole et un pouvoir sur leur cadre de vie, permet en outre de sortir de la logique précédemment décrite de marchandisation du milieu naturel, puisque ce dernier n’est plus un service que l’on va chercher dans un espace extérieur à celui qu’on habite, il est partie intégrante de cet espace. En donnant le mandat aux citoyen(ne)s de s’impliquer dans le verdissement de leur quartier, on aboutit en outre à développer des liens de solidarité autour de projets ludiques et valorisants, et on contribue à créer des communautés plus écologiques. Enfin, redonner aux citoyen(ne)s le pouvoir sur leurs milieux de vie permet de redonner le goût de participer à la vie publique à un moment où la participation n’a peut-être jamais été aussi déficiente.

En second lieu, il est apparu au fil de nos échanges que le moyen le plus sûr de reconstruire à long terme cette sensibilité au milieu naturel au sein de la population québécoise était d’agir auprès des jeunes, des enfants en particulier. Plusieurs expériences de stages auprès de classes d’âge primaire ou préscolaire ont permis de constater que les jeunes enfants ont souvent une compréhension très instinctive du rapport déséquilibré entre l’humain et la nature. Pour reprendre les mots entendus dans une classe de Montréal-Nord cet automne : « l’arbre, lui, ne peut pas se défendre si on l’attaque ». Cette compréhension, il faut la cultiver, il faut la développer par tous les moyens possibles : en amenant les enfants à la nature, en leur faisant découvrir la nature présente autour d’eux, dans leur milieu de vie, et en leur montrant comment, concrètement prendre soin de ce milieu. On ne peut pas négliger deux closes à cet égard : d’une part le potentiel de dissémination lié à l’implication des enfants, puisque ceux-ci sont souvent extrêmement proactifs à sensibiliser leurs parents! D’autre part, même si cela peut paraître naïf, il n’en reste pas moins que la nature a un effet apaisant sur les blessures de la vie. L’émerveillement devant la nature, chez les jeunes en particulier, est porteur d’espoir, permet de se recentrer et d’entamer la reconstruction des vies fêlées.

À travers ces deux voies, à savoir l’implication de la jeunesse et une planification urbaine ambitieuse en matière environnementale, axée sur des quartiers définis avant tout comme des milieux de vie, nous pensons qu’il sera possible de développer et protéger la place de la nature dans notre environnement direct et de cultiver cette sensibilité au milieu naturel dont nous parlions plus tôt. Ces deux orientations s’inscrivent dans un processus visant à définir une nouvelle vision pour une société plus écologique et durable. L’atteinte de cet objectif dépendra à la fois de l’implication de citoyen(ne)s de toutes catégories au sein d’organisations locales et du ralliement des différents paliers gouvernementaux.

Les éco-stagiaires Katimavik, cohorte d’automne 2011 :
Thierry Archambault-Laliberté, Louis-Joseph Benoît, Isabelle Cadieux-Landreville, Sarah Chartrand-Faucher, Geneviève Carle-Galarneau, Geneviève Olivier D’Avignon, Maxine Dandois-Fafard, Yao Datté, José Daza, Mariangiola Fabbri, Christian Gagné, Lisa Gravel, Mylène Guay, Francis Héroux, Virginie Laberge, Ariane Lelièvre-Mathieu, Ophélie Lévesque-Deschamps, Juliana Medina, Robert Onana, Jennifer Sarraf, Nalitha Tousignant-Paradis, Sophie Verdon.

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Mon projet éco-citoyen, cet hiver à Rimouski

Par Jonathan Lalande, Éco-stagiaire au laboratoire Éco-UQAR

Tout le monde sait que la population augmente, et chacun désire vivre avec le plus de confort possible. Ce confort est souvent synonyme d’espace : il faut donc une grande maison, aussi grande que le permet le budget de son propriétaire.  La combinaison de ces deux facteurs, ajoutée au climat, fait en sorte que le chauffage est la principale source de consommation énergétique en Amérique du Nord.

Même si la production de cette énergie est dite verte comme pour l’hydroélectricité ou les parcs éoliens, tous doivent être conscients que toute production d’énergie concentrée en un seul endroit provoque inévitablement un phénomène de pollution proportionnel à la puissance produite.

Vous êtes-vous déjà demandé où va l’énergie qui vous sert à chauffer votre maison? Vous avez raison, elle s’en va dehors.  Plus l’isolation est faible, plus on doit chauffer, plus on chauffe l’extérieur.  Un des problèmes majeurs de consommation d’énergie au monde est donc l’isolation thermique. Dans les pays chauds, on gaspille de l’énergie pour la climatisation alors que dans les pays où il fait plus froid on en dépense pour rester au chaud. Dans tous les cas la production de cette énergie cause inévitablement des effets nuisibles sur la nature et par conséquent sur l’espèce humaine. Alors que les maisons à travers le monde pourraient être assez efficacement isolées pour qu’un chauffage ou une climatisation soient superflus, les conditions monétaires et esthétiques ne le permettent pas.

La technologie de l’isolation thermique sous vide a été d’abord connue grâce au thermos. Ce petit contenant permet de garder longtemps un café chaud ou un liquide froid car il ralentit les pertes thermiques, comme une couche épaisse d’un bon isolant le fait pour une maison. Cette technologie innovante, prenant peu d’espace, augmenterait de beaucoup le coefficient d’isolation de nos maisons et réduirait significativement notre consommation énergétique.  De plus, cela éliminerait la finition extérieure et les nombreuses couches d’isolants utilisées actuellement qui tous polluent de par l’énergie requise pour leur fabrication.

Mon projet consiste donc à concevoir des mini-prototypes de différents électroménagers et d’une maison qui profiteraient d’une isolation sous-vide. Cette technologie devrait permettre de diminuer énormément la consommation énergétique tant pour la fabrication que pour le chauffage de la maison.

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Colloque Éco-stage d’été 2011

Le colloque de fin de session d’Éco-stage aura lieu le 1er août 2011 à Montréal aux bureaux de Katimavik. Si vous voulez suivre nos mises à jour par Twitter, vous pourrez nous trouver avec “#ecostage” . Nous avons hâte de lire vos commentaires — venez appuyer nos réflexions entre 10h et 16h du 1er août! Nous aurons aussi quelques invités (Jean-Philippe Vermette, Tom Berryman, Annie Béliveau et Lidia Guennaoui.) Voici les descriptions des panels d’éco-stagiaires:

Panel # 1 – Le développement d’une sensibilité au milieu naturel

L’écocitoyenneté pose les humains comme des êtres en relation avec leur environnement. Cette relation englobe deux caractéristiques principales : 1) la solidarité avec les autres êtres vivants–humains et non-humains. De ce point de vue, on comprend les êtres humains comme les participants d’une biosphère plutôt que comme les propriétaires de celle-ci. 2) Une responsabilité de soutenir et maintenir des systèmes de vie. De ce point de vue on doit se demander si l’extraction et l’exploitation de « ressources naturelles » limitées, alimentée par une adhérence à une économie de croissance illimitée, peuvent être viables, durables ou équitables. Sans ces deux caractéristiques dans notre relation à l’environnement, on ne peut arriver à un développement authentiquement durable. Le présent panel a pour objectif d’examiner les différentes stratégies observées au cours de votre participation au programme pour développer cette sensibilité au milieu naturel dans la communauté.

Panel # 2 – La conscience de son pouvoir d’action («empowerment» ou «responsabilisation») par rapport aux enjeux environnementaux
« Souvent, les gens ont une vision instrumentaliste de la société, comme si elle était quelque chose de naturel et impossible à changer. Quelque chose à quoi on ne pourrait que s’adapter. Toutefois, il existe d’innombrables exemples de personnes et de mouvements qui ont contribué à transformer radicalement la société. Ce travail de changement peut s’effectuer à différentes échelles: on pense souvent qu’un changement social doit en premier lieu s’incarner au niveau des institutions, et il est indéniable que c’est une dimension importante. Cela dit, on ne peut oublier les changements à plus petite échelle, ceux qui se distinguent par leur dimension “virale”: changements de comportements initiés et incarnés par des individus, qui peuvent se propager dans la population; tentatives d’auto-gestion collective; philosophie du “do-ityoursef”, produire sa propre nourriture, fabriquer ses propres vêtements, etc. Ce sont là autant d’initiatives qui visent à redéfinir notre rapport à l’environnement et aux institutions. Le présent panel s’attachera à examiner d’une part comment votre participation au programme vous a permis à titre individuel de développer cette conscience de votre pouvoir d’action, et d’autre part comment cette question est envisagée au sein même de votre milieu de stage et par les différents acteurs rencontrés: comment, d’après votre expérience, travaille-t-on à développer cette conscience au sein de la population en général? »

Panel #3 – L’exercice d’une pensée critique au regard des enjeux
environnementaux
Les problèmes environnementaux sont rarement des enjeux simples, en fait jamais. Vous avez eu de multiples fois l’occasion, au cours du stage et dans votre vie, de constater à quel point ces problèmes regroupaient plusieurs questions, intérêts, sphères différents et parfois difficilement conciliables. Cette complexité des enjeux, fréquemment abordée et révélée, tant dans les conférences que dans les consultations publiques, fait en sorte qu’on ne peut pas aujourd’hui prétendre aborder ces problématiques sans une analyse rigoureuse des forces en présence. La pensée critique est l’outil de base de cette analyse, elle est le point de départ pour une défense rationnelle de l’environnement et pour l’amélioration des conditions de développement de notre société vers un modèle durable. Le présent panel aura pour objectif de voir en quoi votre stage vous a permis de mettre en application cette pensée critique au regard des enjeux environnementaux. Au travers d’exemples tirés de votre stage, vous illustrerez en quoi les intervenants avec qui vous avez travaillé ont su tirer parti d’une analyse critique des problèmes environnementaux pour mettre en oeuvre des projets bénéficiant au plus grand nombre.

Panel # 4 – L’acquisition d’habiletés de participation démocratique
Plusieurs éléments apparaissent comme les garants d’une intervention efficace sur les enjeux environnementaux auxquels font face les communautés. Parmi ceux-ci, on peut penser à l’établissement d’un consensus entre les différentes parties prenantes, qui ont fréquemment des intérêts divergents. Dans la recherche de ce consensus, la participation démocratique joue un rôle extrêmement important, à plusieurs niveaux. Savoir s’insérer dans un débat public avec des arguments construits, savoir reconnaître, prendre en compte et analyser différents points de vue, savoir vulgariser sa position pour obtenir une adhésion éclairée des autres à sa propre cause, savoir enfin faire preuve de leadership pour arriver au sein d’un groupe à définir une position commune, sont autant d’atouts pour réussir ses interventions auprès d’une communauté. Le présent panel aura donc pour objectif de voir en quoi votre participation au programme vous aura permis de prendre conscience et développer ces habiletés, et par ailleurs de s’intéresser à la manière dont ce souci de participation démocratique est intégré au travail des organismes de terrain.

Panel # 5 – La mobilisation des connaissances nécessaires pour cerner les enjeux environnementaux et passer à l’action

Travailler dans le domaine de l’environnement est toujours une entreprise transdisciplinaire. Comme pour d’autres champs de savoir, il n’existe pas de corpus de connaissances spécifique à l’environnement. En fait, on pourrait même aller jusqu’à dire qu’un élément important dans les sciences de l’environnement est justement une capacité à identifier et mobiliser les différents corpus de connaissances scientifiques nécessaires à la compréhension d’un enjeu. Le présent panel a pour objectif d’examiner d’un peu plus près cet aspect transdisciplinaire.

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Projet des écostagiaires de Montréal

Notre projet collectif se situe dans le Mile End, un quartier situé à la limite nord du Plateau-Mont-Royal. Il s’agit d’un quartier central à Montréal avec relativement peu d’espaces verts. Cette ancienne zone industrielle abrite maintenant plusieurs ateliers d’artistes et le quartier est reconnu pour son effervescence culturelle.

Nous y organisons un événement le 16 juillet au Champ des Possibles. Cet événement comprend des visites guidées pour faire découvrir aux gens la richesse de la flore du site, des lieux d’expression de création collective (Speaker’s corner), des activités pour les enfants, un atelier de yoga et un spectacle acoustique avec Folly and The Hunter.

Le Champ des Possibles se trouve là où se tenait autrefois une gare de triage, devenue un «terrain vague» qu’un groupe de citoyens (Les Amis du Champ des Possibles) est en train de transformer en réserve de biodiversité urbaine ainsi qu’en lieu d’échanges, d’éducation et d’expression artistique. Nous avons choisi de nous associer à ce projet novateur dans un contexte où de nombreux terrains de ce type (dits « terrains vagues ») sont en train de disparaître sous la pression du développement résidentiel, particulièrement dans un quartier central comme le Mile End.

Les Amis du Champ des Possibles cherchent à assurer un statut légal au site en réclamant un zonage vert (le site est présentement zoné industriel) et en revendiquant un meilleur lien piéton de part et d’autre de la voie ferrée (entre le Mile End et la Petite-Patrie). Pour mener à bien ces projets, les Amis du Champ ont besoin de faire connaître le lieu et d’aller chercher des appuis supplémentaires afin de donner du poids à leurs revendications. Notre événement a pour but de les aider en ce sens.

Pour regarder les photos prises par Nancy du Champs des possibles, veuillez cliquer ici.

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La déclaration de projet collectif du groupe de Baie-Comeau

La Côte-Nord constitue, avec ses grands espaces et la multitude de richesses naturelles disponibles, un endroit irrésistible pour les investisseurs et les amoureux de la nature. En effet, la présence et la proximité des ressources naturelles ont permis à l’économie de la région d’être essentiellement basée sur l’énergie, la foresterie, les mines, la métallurgie et la pêche. On a généralement  accès à un coût de la vie des plus avantageux et sans oublier les habitants chaleureux qu’on y retrouve.

Baie-Comeau, la belle Baie-Comeau, à plus de 300 km des grands centres! C’est pourtant à 400 km de Havre St-Pierre. Nos ancêtres se sont installés ici pour l’abondance des ressources naturelles. Maintenant Baie-Comeau est toujours aussi près de la forêt, mais aussi loin du monde, une ville qui souffre de son éloignement pour garder ses jeunes et importer sa nourriture, une ville qui se doit d’utiliser son territoire de façon durable afin de continuer à  prospérer pour longtemps. Mais aussi une ville en plein développement, pleine de ressources et de volonté.

Comme toutes les villes qui se situent dans les régions périphériques du Québec, Baie-Comeau fait face à plusieurs problèmes environnementaux, sociaux et économiques. Parmi ces derniers, l’éloignement, l’exode des jeunes, la gestion des déchets, l’exploitation des ressources naturelles et la gestion d’un si grand territoire sont les plus évidents. Ces problématiques doivent trouver des solutions si on désire que l’avenir de cette région soit intéressant pour toute la collectivité.

Ce documentaire vise tout d’abord à mieux comprendre la Côte-Nord et plus particulièrement la région de Baie-Comeau qui, comme le reste du monde occidental, cherche à améliorer leur gestion environnementale et sociale et à mieux s’adapter à leurs écosystèmes. C’est pour cette raison que notre documentaire va mettre en phase trois problématiques particulières soit l’exode des jeunes, la préservation du territoire et les ressources naturelles.

Dans un deuxième temps, le documentaire a pour rôle de démontrer l’avis, les idées et les visions des habitants de la Côte-Nord vis-à-vis ces problématiques. Parmi eux, il y a des gens dynamiques et entrepreneurs qui œuvrent dans différentes entreprises et organismes et qui ont à cœur les problématiques sociales et environnementales. Ces gens sont visionnaires et n’ont pas froid aux yeux. Le documentaire présentera donc six entreprises ou organismes qui œuvrent pour le bien-être de la communauté, à l’éducation écocitoyenne des jeunes, à la gestion de nos grandes terres et au prélèvement de nos grandes ressources. Le tout sur des images de paysages grandioses, de génie humain et d’une communauté magnifique.

-Myriam, Dany, Guillaume B. et Guillaume C.

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Le développement durable dans la Manicouagan mené par la jeunesse

Le texte suivant a été tiré du site web de la Réserve mondiale de la biosphère Manicouagan-Uapishka (RMBMU), afin de partager les nouvelles de Myriam Ben Naceur, éco-stagiaire à Baie-Comeau cet été — Pour savoir plus du projet, veuillez consulter leur blogue: http://usi-rmbmu.blogspot.com.

“L’USI est un projet estival de la RMBMU. L’équipe de l’USI est composée d’une agente de sensibilisation, éco-stagiaire Myriam Ben Naceur (à la droite dans le photo) et son chef d’équipe, Évelyne Roy.

Leur mandat pour la période 2011 est de faire connaître au plus grand nombre les enjeux et objectifs de la Réserve mondiale de la biosphère Manicouagan-Uapishka (RMBMU) en promouvant l’engagement de la région envers le développement durable. Leurs initiatives se concentreront plus particulièrement auprès des organisations et des jeunes manicois dans le but de favoriser un sentiment de responsabilité envers l’avenir de la région et de favoriser l’intégration de la relève dans toutes les sphères d’activités (économiques, communautaires, etc).

La RMBMU agit comme référence et catalyseur dans le domaine du développement durable afin de l’intégrer à l’ensemble des sphères d’activités de la région. Elle génère du savoir, stimule la fierté et favorise le réseautage international via les réseaux de l’UNESCO et le réseautage local en dynamisant la collaboration entre les acteurs environnementaux, sociaux et économique de son territoire.”

 

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